Entretien avec Tanja Zimmermann-Burgerstein
En 1972, le Dr Lothar Burgerstein a fondé, avec son fils Uli Burgerstein, la société Antistress SA – fabricant de Burgerstein Vitamine. Aujourd’hui, sa petite-fille Tanja Zimmermann-Burgerstein est la troisième génération à la tête d’Antistress SA. Une chose reste inchangée depuis les premiers jours de l’entreprise: la conviction que la santé est notre bien le plus précieux. Burgerstein Vitamine souhaite soutenir ses clientes et clients dans toutes les situations en leur proposant des produits à base de micronutriments afin qu’ils puissent mener une vie active et saine.
À l’occasion du 50e anniversaire en 2022, Simone Walther Büel et Stephanie Jakob du partenaire de distribution ebi-pharm ag avaient interviewé Tanja Zimmermann-Burgerstein. Les valeurs et principes exprimés à cette occasion n’ont pas perdu de leur pertinence et continuent d’influencer les décisions aujourd’hui.
Tanja Zimmermann, lorsque ton père et ton grand-père ont fondé l’entreprise ensemble, tu n’étais probablement pas encore née ou encore toute petite. Comment ton grand-père et ton père t’ont-ils raconté plus tard l’histoire de la création de l’entreprise?
J’ai toujours connu mon grand-père avec ses béquilles. Les conséquences de l’accident étaient donc toujours présentes. Au début, il a accordé énormément d’importance à son changement d’alimentation. Lothar Burgerstein a procédé de manière très empirique – aujourd’hui, il n’aurait plus aucune chance de le faire. Je me souviens des mélanges d’aliments les plus improbables – qu’ils aient bon goût ou qu’ils aient l’air appétissants n’avait aucune importance. Le grand classique était son «pep-up» matinal. Un mélange de lécithine, de levure, de yogourt, de fruits frais et de vitamine C avec un œuf cru. Avec un peu de chance servi avec une boule de glace, avec moins de chance avec une cuillère d’huile de foie de morue.
Dans ma mémoire, mon père rentrait toujours à la maison avec des valises pleines de produits américains. À l’époque, il avait beaucoup affaire aux États-Unis pour la direction d’une autre entreprise du groupe Burgerstein. L’entreprise a ensuite décidé de se concentrer sur le développement de ses propres produits et de ne pas devenir une société de distribution de produits existants. La quantité de suppléments que ces deux hommes étaient prêts à ingérer était véritablement impressionnante. Pour eux, c’était «plus il y en a, mieux c’est». Cette approche n’est plus valable pour moi, ni pour notre philosophie d’entreprise.
L’entreprise a été baptisée Antistress SA. Comment ton père et ton grand-père ont-ils pensé à ce nom?
Dans son livre «Heilwirkung von Nährstoffen» – la première édition de l’ouvrage actuel «Burgerstein Handbuch Nährstoffe» –, Lothar Burgerstein parle du stress en ces termes: «… chaque maladie et chaque accident représente une situation de stress, liée à un important besoin de rattrapage en nutriments». Cette thèse a été à l’origine du nom de l’entreprise. Aucune étude de marché n’a été réalisée en amont, ni plus tard, pour se demander quel signal cela envoie. Nos premiers produits ont d’ailleurs été lancés sur le marché sous le nom de marque Antistress. On s’est vite rendu compte que ce nom de marque n’avait pas d’avenir.
Le logo de Burgerstein Vitamine représente un plateau de balance avec une boule à l’intérieur. Était-ce votre logo dès le début ou a-t-il été conçu plus tard? Et que symbolise-t-il exactement?
Le logo est apparu très tôt, il devait évoquer le fait d’être «à l’équilibre». Mais à l’origine, la boule flottait au-dessus du plateau. Dans les années 1990, en tant que jeune responsable marketing, j’ai fait «atterrir» la boule. Elle est donc aujourd’hui encore «en équilibre», sans pour autant perdre le lien avec la base, la réalité. Je pense que cela se reflète aussi dans la manière dont Burgerstein travaille.

Votre entreprise est implantée à Rapperswil-Jona. Pourquoi cet endroit?
Cela est uniquement dû au fait que notre famille a de fortes racines à Rapperswil. Nous n’avons cessé de croître et avons ainsi pu occuper de plus en plus de place dans des bâtiments industriels existants appartenant à la famille.
Questions et réponses
Combien de collaborateurs l’entreprise comptait-elle au départ? N’y avait-il que ton grand-père et ton père ou avaient-ils de l’aide?
Les premières années, mon grand-père employait surtout mon père, en lui soumettant beaucoup d’idées, et une secrétaire loyale qui s’occupait pour lui de toute la correspondance internationale. Mon grand-père dictait toujours sa correspondance sur ces drôles de disques, pour qu’elle soit ensuite tapée, puis envoyée par la poste. Le tout sans stress, car il fallait aussi attendre longtemps pour obtenir une réponse. Dans les premières années, les activités principales tournaient en fait autour de l’acquisition des connaissances. Il s’agissait donc à l’époque d’une entreprise qui comptait 3 personnes. En 1988, après le décès du Dr Lothar Burgerstein, Hugo Schurgast a repris la direction scientifique d’Antistress. Par la suite, l’entreprise n’a cessé de croître, passant de 6 personnes en 1988 à 55 employés aujourd’hui.
L’entreprise attache une grande importance à ce que seules les meilleures matières premières soient utilisées pour fabriquer les produits Burgerstein. Comment était-ce au début, comment ton père et ton grand-père se sont-ils renseignés sur la qualité des matières premières et comment ont-ils trouvé les premiers producteurs répondant à leurs exigences pour fabriquer les produits exactement selon leurs souhaits?
Dans les premiers temps, Lothar Burgerstein, qui correspondait avec de nombreux experts du monde entier, s’est penché sur toutes sortes de questions. Le Dr Theodor Widmer (Autriche) ainsi que Linus Pauling, le Dr Carl Pfeiffer et le Prof. Roger Williams (États-Unis) ont été de solides personnes de référence. La biodisponibilité a toujours joué un rôle central. C’est surtout Monsieur Schurgast qui était responsable de ces questions et qui s’est familiarisé avec la thématique en profondeur. Au début, il était toujours difficile de convaincre les sous-traitants qu’ils ne pouvaient pas se contenter d’utiliser les excipients technologiques habituels pour la fabrication des comprimés ou des capsules, mais que leur physiologie et leur compatibilité avec l’organisme étaient tout aussi importants pour nous. Comme nous n’étions guère disposés à faire des compromis, les sous-traitants ont toujours été obligés d’essayer de nouvelles choses pour nous. Bien sûr, on s’est aussi moqué de nous à ce sujet.
Aujourd’hui, les partenariats établis de longue date avec nos sous-traitants sont fondamentaux pour que les formules soient fabriquées selon nos souhaits. Le service du développement des produits, mais aussi et surtout notre service des achats, disposent du savoir-faire nécessaire pour savoir où acheter telle ou telle matière première.
Quel a été votre tout premier produit? À partir de quand a-t-on pu l’acheter et existe-t-il encore aujourd’hui?
La «préparation fortifiante multivitaminée» faisait partie, avec la vitamine C en poudre, des premières préparations mises sur le marché, suivies de la vitamine E, du complexe de vitamines B et de la levure primaire. À l’exception de la levure primaire et de la vitamine C en poudre, ces produits font toujours partie de notre gamme dans une formulation moderne.
Tu étais encore toute petite aux débuts de l’entreprise et tu as ensuite assisté à son développement et à sa croissance. Qu’est-ce que cela voulait dire pour toi quand tu étais enfant? Qu’en percevais-tu? Parlait-on par exemple aussi de questions concernant l’entreprise autour du repas de midi?
L’esprit d’entreprise a toujours été au premier plan chez nous. Mon père a beaucoup travaillé et beaucoup voyagé. Quand j’étais enfant, il était toujours en déplacement pour l’entreprise Leder, qu’il a reprise après l’accident de voiture de mon grand-père. J’ai toujours étroitement associé la branche d’activité des vitamines à Lothar Burgerstein. Et dès l’école secondaire, pendant les vacances d’automne, je gagnais un peu d’argent en aidant au conditionnement des produits. Mon lien avec l’entreprise a donc été très fort très tôt.
Et en tant que fille d’un père et d’un grand-père à la tête d’une entreprise de micronutriments, as-tu dû avaler des vitamines bonnes pour la santé en hiver quand tu étais enfant? :-)
Pas juste en hiver! Aujourd’hui encore, j’affirme que j’étais en fait un cobaye. J’ai grandi avec Burgerstein Multivitamines-minéraux CELA, la vitamine C était aussi toujours présente, et certainement bien d’autres choses encore. Dans mon souvenir, il y a toujours eu au moins cinq comprimés.
Aujourd’hui, tu es la troisième génération à la tête de l’entreprise Antistress SA. As-tu toujours su que tu voulais travailler un jour dans l’entreprise et continuer à la diriger? Ou avais-tu à l’origine envie de devenir quelque chose de complètement différent de ce que tu es aujourd’hui?
Enfant déjà, j’ai toujours été intéressée par beaucoup de choses. Comme toutes les filles, je voulais devenir créatrice de mode ou architecte d’intérieur. J’ai toujours aussi été fascinée par les moteurs. Mon père ne m’a jamais poussée à rejoindre ses entreprises. Je lui en suis encore reconnaissante aujourd’hui. Mais l’intérêt pour la santé et l’alimentation, qui vient surtout de l’amour de bien manger, a toujours été présent. Avec une formation en marketing, mon arrivée, juste au moment où l’entreprise commençait vraiment à grandir, a été une excellente entrée en matière. Je me suis parfois occupée de la communication sans que cela ne fasse partie de mes fonctions officielles. Au fil du temps, de plus en plus de choses sont venues s’ajouter, ce qui m’a permis peu à peu d’être à la hauteur de mon rôle actuel et ce, à mesure que l’entreprise se développait. Un luxe pour lequel je suis très reconnaissante.
09/10/2022